Pluma et liber

Fortuna favet fatuis

Fortuna favet fatuis

-C'est l'ooor! Il est l'ooor! L'oor de se réveiller! Mon seignoor! Il est huit oor! Gouzi gouzi gouzi!
-Il en manque une!
-Vous êtes sors?
-Tout à fait sors!
-Ça alors!

Salut à tous les amoureux des trésors de la langue latine et des réflexions intemporelles ! Dans cette nouvelle exploration de proverbes anciens, nous plongeons plus profondément dans les profondeurs de la maxime « Fortuna favet fatuis ». Cette expression énigmatique nous guide à travers les méandres du hasard et de l’audace. De plus, nous allons découvrir le lien entre cette maxime et une autre célèbre citation latine, « Audentis fortuna juvat », extraite de l’épopée de l’Énéide écrite par le poète romain Vigile.

Vous avez déjà croisé cette expression intrigante ?

« Fortuna favet fatuis » se traduit littéralement par « La fortune sourit aux fous ». Dans ce contexte, « fous » ne désigne pas les insensés, mais plutôt les audacieux qui osent sortir des sentiers battus. Elle souligne que parfois, ceux qui prennent des risques calculés sont récompensés par la chance inattendue.

Cependant, il est important de rappeler que « Fortuna favet fatuis » ne prône pas l’imprudence. Elle ne suggère pas d’agir sans réflexion. Au contraire, elle souligne l’importance d’une audace éclairée, d’une prise de risque calculée.

Elle est étroitement liée à « Audentis fortuna juvat », une célèbre citation de l’Énéide de Vigile. Cette maxime se traduit par « La fortune sourit aux audacieux ». Dans le contexte de l’Énéide, elle exprime l’idée que le destin favorise ceux qui sont courageux et prêts à affronter l’adversité. On peut voir que « Audentis fortuna juvat » et « Fortuna favet fatuis » ont le même sens. Toutes deux mettent en lumière l’interaction complexe entre l’audace humaine et le caprice de la fortune. L’audace calculée et le courage face à l’incertitude semblent être des qualités qui attirent la bienveillance du destin, même si celui-ci demeure parfois imprévisible.

En somme, « Fortuna favet fatuis » nous incite à prendre des risques éclairés et à saisir les opportunités avec courage. Elle nous rappelle que la chance peut sourire à ceux qui osent aller au-delà des conventions. En parallèle, « Audentis fortuna juvat » de l’Énéide de Vigile renforce cette idée en célébrant les braves. Ensemble, ces deux maximes nous encouragent à danser avec le hasard tout en cultivant une audace éclairée, et à embrasser le jeu subtil entre notre courage et les caprices du destin.

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2 réflexions sur “Fortuna favet fatuis”

  1. Bien le bonjour d’un papy et bravo pour votre attachement au latin et aux langues de nos anciens. J’ai appris le latin de la 6e à la 1ère de 1955 à 1961 et c’est un sport de l’esprit, un loisir que j’ai depuis pratiqué avec plaisir même si je n’en avais pas un besoin direct dans ma vie courante.
    J’aime aussi la langue d’oc que parlaient mes ancêtres du midi de la France, une langue qui vit encore, proche du latin..
    « Audentes fortuna juvat »: le verbe juvare, juvo a son complément à l’accusatif (ici audentes, qui est l’ accusatif pluriel de audens , génitif audentis, 3e déclinaison). Juvo aliquem, # j’aide quelqu’un
    « Fortuna favet fatuis », il y a ici une figure de style, la répétition d’une lettre , ici le F , qu’on appelle une allitération : le verbe favere, faveo a son complément au datif ( ici datif pluriel de fatuus, génitif fatui, seconde déclinaison ). Faveo alicui, # je suis favorable à quelqu’un.

    Savez-vous que la devise est passée dans un proverbe de langue d’oc cité dès le 18e siècle dans le dictionnaire languedocien-français de l’abbé Boissier de Sauvages sous la forme:
    FAVOUR VAU ARDITS
    FAVOUR = FORTUNA = Dame Chance, la faveur du destin, FORTUNE ( la déesse des Romains), AGATHE TICHE( la bonne déesse des Grecs). Quand des Grecs phocéens vinrent de Marseille pour fonder une colonie à l’embouchure de l’Hérault, 500 ans avant JC, il lui donnèrent le nom de cette déesse et l’actuelle ville d’Agde conserve ce nom d’AGATHE [TICHE].
    VAU, = du verbe occitan valer, qui a encore le sens de valoir, mais qui a perdu le sens d’aider, de favoriser, qu’il avait encore au moyen âge,. Voir François RAYNOUARD, Dictionnaire de la Langue des Troubadours.
    les Catalans criaient: Valga-m Dèu! # Que Dieu me vaille, Que Dieu m’aide!
    ARDITS = hardis, audacieux
    Si vous passez un jour dans les Alpes Maritimes, vous verrez au village du Bar sur Loup – 06, sur la façade de la police municipale un cadran solaire moderne dont la devise est FAVOUR VAU ARDIT.
    Voir le site Michel Lalos, cadrans Alpes Maritimes, LE Bar sur Loup

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